Nous avons semble-t-il vécu trop longtemps pour vivre dans notre chair de citoyen haïtien ces sorties de certaines puissances et ambassades étrangères qui se substituent aux institutions haïtiennes en déclarant « nulle et non avenue » une décision souveraine exprimée par des autorités haïtiennes en conformité avec les prévisions et selon le voeu de la loi.
Nous avons semble-t-il vécu trop longtemps pour vivre dans notre chair de citoyen haïtien ces sorties de certaines puissances et ambassades étrangères qui se substituent aux institutions haïtiennes en déclarant « nulle et non avenue » une décision souveraine exprimée par des autorités haïtiennes en conformité avec les prévisions et selon le voeu de la loi.
Le décret du 27 mai 2024 formalise le mode de fonctionnement du CPT comme celui du 12 avril 2024 créant le Conseil Présidentiel de Transition. Laurent Saint-Cyr ne saurait être l’interprète des lois selon sa perception déformée des choses. Ce faisant il est dans une situation de parjure en rejetant d’un revers de main, de sa propre fantaisie, les assises fondamentales de la structure légale qui a fait de lui et de ses collègues, les chefs de l’Exécutif haïtien.
L’insolence et l’arrogance des diplomates et dirigeants étrangers de la troisième semaine de janvier 2026 sont assourdissantes. Leur insulte, nous la recevons au visage et au plus profond de nous-mêmes citoyennes et citoyens haïtiens.
Les déclarations offensantes de ces instances étrangères chosifient la République d’Haïti devenue inexistante quand elle ne peut exprimer aucune décision autonome. Cette sortie à l’évidence concertée de dirigeants et de diplomates étrangers contre la souveraineté d’Haïti est assimilable à ce qu’en droit pénal français, l’on qualifie de délinquance en bande (cf. art.132-71 du Code pénal). En Haïti, nous parlons plus couramment d’association de malfaiteurs. Ce ne saurait être le fruit du hasard ce concert d’interventions scandaleuses de dirigeants et diplomates étrangers en toute négation du sacro saint principe du devoir de réserve stipulé dans la Convention de Vienne en son article 41 que nous rappelons: « Sans préjudice de leurs privilèges et immunités, toutes les personnes qui bénéficient de ces privilèges et immunités ont le devoir de respecter les lois et règlements de l’État accréditaire. Elles ont également le devoir de ne pas s’immiscer dans les affaires intérieures de cet État. »
Mais il nous semble que ces principes ne s’appliquent pas à la République d’Haïti que les diplomates étrangers considèrent comme une savane dans laquelle ils caracolent leur monture sans aucun souci du respect des règles et des normes qui régissent les relations internationales.
Et quand des responsables politiques haïtiens, appuyés et applaudis évidemment par leurs commanditaires, sont ceux-là mêmes qui alimentent l’ingérence insupportable, ceux-là nous ne pouvons les regarder que comme des traites à la patrie. Nous sommes devant un fait caractérisé de crime de haute trahison.
Nous devons sortir notre pays de cette posture anormale et inacceptable en nous prenant en charge pour que dorénavant Haïti impose aux étrangers un nouveau regard où le respect remplace la subordination et le mépris et que les diplomates étrangers et les dirigeants du monde nous traitent dorénavant avec les égards mérités.
La dignité, l’honneur et l’amour propre d’Haïti ont été mis à mal ces derniers jours. Voir disparaître ainsi toute once de souveraineté flétrit l’âme nationale. Et même pour une parcelle de pouvoir, aucun digne fils de notre pays n’aurait pas dû susciter cette flagellation de la nation haïtienne. Ce faisant, ils sont les nouveaux Ésaü qui vendent le prestige et l’honneur d’Haïti pour un plat de lentilles.Et pour pour rester dans la Bible, la partie du CPT qui essayait de relever la tête a le même sort que Joseph vendu comme esclave par ses frères. Ne dit-on pas que l’histoire est un perpétuel recommencement!
Se faire homme lige, complice de l’étranger, se vanter de ses contacts et de ses relations, poster sur les réseaux l’image de visite d’un consortium de diplomates étrangers ou tomber en pâmoison pour avoir reçu un appel du puissant secrétaire d’État des États-Unis pour montrer les supports dont on dispose, tout cela fait partie d’un ensemble d’attitudes de petits nègres complexés portant le tablier, au service de la suprématie de puissances impériales renaissante depuis le 3 janvier dernier avec l’invasion du Venezuela, de manière anachronique, remontant les horloges à l’heure de la flibusterie et de la piraterie des XVIIe et XVIIIe siècles esclavagistes.
Or Haïti a dompté le système esclavagiste en abolissant l’esclavage sur son territoire et en provoquant un nouvel ordre mondial sur la base du travail rémunéré. En cela, le reste du monde a une dette morale envers notre pays.
Nous sommes des négresses et des nègres libres depuis 1804. Nous avons fait souffler le vent de liberté et d’émancipation des peuples sur toute la planète. Négocier cette liberté en confortant les étrangers dans leur posture impérialiste refusant toute expression autonome d’Haïti et de ses dirigeants; rejetant d’un revers de main les textes de lois qui ont présidé à votre accession à la charge publique; entrer dans la logique du chantage des étrangers qui brandissent la menace de sanctions et transformant ipso facto en gangs, bandits et terroristes tous ceux-là qui contrarient leurs diktats, ce sont là, autant d’attitudes de laquais dévoués, de nouveaux « collabos » dans la lignée de ceux-là qui ont servi de manière servile l’occupant de notre sol pendant dix-neuf trop longues années et qui est revenu en force dans la région avec la même logique de pillards et de prédateurs.
Aucune parcelle de pouvoir et « ki pouvwa atò !» quel pouvoir, dans un pays où les gangs règnent en maîtres et seigneurs, le pouvoir de marionnettes l’instant d’une courte transition ne vaut pas la trahison de son pays, de ses valeurs, pour assurer la permanence de la domination des étrangers. Ceux-là, ils ne veulent pas lâcher le morceau, renoncer à leur gain et maintenir leurs griffes sur le butin Haïti à l’heure où semble-t-il, l’esprit du pirate Henry Morgan est revenu hanter les lieux…
Fuente https://lenouvelliste.com/article/263652/linsulte





