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De la frontera | Redacción Espacinsular

Le GARR partage avec vous intégralement le texte de l’ambassade de France en Haïti dans le cadre du prix des droits de l’homme de la République française qui lui a été décerné à Paris le 15 décembre 2016.  

Le Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR) s’est vu aujourd’hui remettre le Prix des droits de l’homme de la République française par M. Jean-Marc Ayrault, ministre des Affaires étrangères et du Développement international, et Mme Christine Lazerges, présidente de la Commission nationale consultative des droits de l’homme.

Doté par le Premier ministre, le Prix des droits de l’homme de la République française « Liberté - Égalité - Fraternité » est décerné chaque année depuis 1988 par la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH). En presque 30 ans, plus de 200 associations, actrices de la défense des droits de l’homme dans leur pays, ont été distinguées. Le rayonnement international du Prix s’est plus que jamais confirmé cette année.

Plus de 180 associations issues de 64 pays, représentant les cinq continents avaient présenté un projet. Cinq d’entre elles ont été distinguées au cours d’une cérémonie présidée par Mme Christine Lazerges, présidente de la Commission nationale consultative des droits de l’homme, et Monsieur Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères et du développement international. Elles ont reçu chacune une dotation de 14 000 euros.

Le Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR) figure parmi les lauréats de cette 29ème édition. Il a été récompensé pour son projet de protection et d’amélioration des conditions de vie des personnes rapatriées et expulsées de République dominicaine. Objectifs du projet : Faciliter l’accueil et la réinsertion harmonieuse des personnes rapatriées et expulsées dans deux communes du département de l’Ouest.

Le Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR) est une plate-forme haïtienne de 8 associations fondée en 1991. Sa mission est de promouvoir et défendre les droits des migrants. Elle se mobilise pour les migrants, les rapatriés et les expulsés, en particulier ceux provenant de la République dominicaine, les étrangers en transit qui se trouvent en Haïti, les déplacés internes (surtout les victimes de catastrophes) et plus largement toutes les personnes dont la vie est impactée par les flux migratoires comme les commerçant-es et travailleurs-ses transfrontaliers.

Dans le cadre de sa mission d’accueil, le GARR apporte tout d’abord une aide d’ordre « humanitaire » pour répondre aux premiers besoins des personnes rapatriées. Puis il les accompagne de multiples manières en vue de leur réinsertion dans leur communauté de retour : programmes d’obtention des documents d’état civil, aide à la location ou construction de maisons, renforcement de capacités et assistance légale, appui pour mener une activité professionnelle, mise en place de formations socioprofessionnelles pour les jeunes et de la scolarisation pour les enfants, assis¬tance légale pour le suivi des cas de violations des droits humains dont sont victimes les migrants.

La situation des Haïtiens et de leurs descendants vivant en République dominicaine s’est fortement dégradée depuis 2013. Plus de 100.000 personnes ont ainsi dû quitter le pays voisin pour revenir en Haïti, traumatisées, malades et sans ressource. Avec ce projet, le GARR souhaite répondre à l’urgence humanitaire en apportant aux personnes expulsées et rapatriées une assistance de première nécessité dès leur arrivée, puis les aider à se réinsérer, notamment en sensibilisant les populations et les autorités de deux communes de l’Ouest : Cornillon/Grand Bois et Ganthier

Grâce à ce projet, GARR souhaite aider 100 personnes, dont en priorité les enfants, à obtenir un acte de naissance ; permettre à 100 enfants de retourner à l’école, encadrés par d’autres jeunes de la communauté. L’association veut permettre à 35 familles rapatriées ou expulsées parmi les plus vulnérables de s’installer et de commencer une activité économique. Dans les communes de retour, 60 membres influents de chaque communauté et 20 représentants des autorités locales seront sensibilisés.

A travers le représentant du GARR, M. Jean Thomas Philippe, le jury a tenu à récompenser un projet bien construit et pertinent, qui traite d’une situation particulièrement complexe en Haïti. Le jury a été notamment sensible à l’implication des populations locales dans l’accueil des familles expulsées et rapatriées et aux actions d’information et de sensibilisation permettant de déconstruire les préjugés négatifs.