Contáctenos Quiénes somos
Noticias | Por Redacción Espacinsular

Les évêques haïtiens, au terme de leur assemblée plénière de septembre, ont regretté une fois de plus «la descente aux enfers» de leur pays. Ils appellent au retour à l’ordre constitutionnel et à la création des conditions pour des élections ayant une pleine valeur démocratique.

 C’est un constat que les évêques d’Haïti renouvellent depuis trop longtemps, celui que leur peuple traverse «une nuit de détresse marquée par la violence et l’insécurité». Ils le rappellent cette fois encore dans leur message publié à l’issue de leur assemblée plénière qui a eu lieu du 21 du 24 septembre. Cette «descente aux enfers» les préoccupe «chaque jour davantage» écrivent-ils. Ils citent ainsi «l’avancée vertigineuse des groupes armés», «la recrudescence des enlèvements», «le spectacle d’une gouvernance défaillante, incapable d’assurer le rétablissement de la paix publique et la protection de la population».

Ils insistent en dénonçant la «grande confusion, un manque flagrant de leadership et une absence de vision à long terme», ayant pour conséquence que «la population est livrée à elle-même». Ils évoquent le massacre de Kenscoff dont avait parlé Léon XIV dans ses appels lors de l’Angélus du 30 août dernier, affirmant que «le sang des victimes crie justice vers le ciel».

Appel à des élections crédibles

L’épiscopat s’interroge également sur les prochaines élections générales qui doivent avoir lieu, mais dont aucune date n’a été fixée. «Le retour à l’ordre constitutionnel par la voie des urnes est une nécessité absolue» affirme le communiqué de la conférence épiscopale, ajoutant que «le libre choix de nos dirigeants est un pilier de la démocratie». Mais «il faut aussi créer les conditions qui leur donnent leur pleine valeur démocratique» préviennent les évêques. Cela implique de protéger la population, de répondre à l’urgence humanitaire, de restaurer l’autorité de l’État.

Les évêques d’Haïti exhortent donc les fidèles à «dépasser les querelles de chapelle, les intérêts et les haines stériles» car la nation doit «réapprendre l’art du dialogue et du pardon réciproque dans la justice et la vérité». «Nos communautés de foi (…) doivent témoigner que la fraternité est possible».

Les évêques ont également un mot concernant leurs concitoyens vivant aux États-Unis et qui sont «soumis au rapatriement massifs, à la précarité et à parfois à des traitements dégradants», et qu’ils ne veulent pas abandonner. «Tout migrant et tout réfugié doivent être accueillis et protégés comme des personnes humaines, porteuses de droits inaliénables», réaffirment-ils, profitant de leur assemblée pour remercier les évêques américains pour leur engagement «courageux» en faveur des Haïtiens menacés par la politique migratoire de Donald Trump.